Gros dossier !
Lente et longue conception.
Je pars de rien ou presque. Au début on pensait faire installer une chaudière à granulés, et progressivement, on a commencé à étudier des solutions plus autonomes.
Contraintes
On s’est vite intéressé au poêle bouilleur. On aime le chauffage au bois !
On a rapidement abandonné le solaire thermique au détriment du photovoltaïque. Pour des raisons de simplicité d’installation (pas facile de monter des tuyaux sur le toit). Aussi parce que nous n’avons pas d’eau de ville et que la sécurité thermique du poêle a besoin d’eau sous pression. On a donc misé le plus de budget sur notre autonomie électrique car il nous arrive assez régulièrement d’avoir des coupures réseau. Pas d’électricité = pas d’eau = danger avec le bouilleur !
Recherches
En ce qui concerne le poêle en lui même, on a d’abord étudié les poêles de masse (rocket stove) auto construits. Ça semblait être un gros chantier d’autant plus compliqué avec l’intégration d’un bouilleur. peu pratique à l’usage et nécessite beaucoup d’entretient. En plus du fait que le poêle de masse (2 tonnes) n’est pas adapté à nos régions. Il a besoin d’être très bien dimensionné et devient peu fonctionnel avec des hivers plus ou moins froid. On s’est ensuite intéressé aux poêles Mélèze, artisanaux, semi-masse (800kg), équipés de bouilleur et four, très beau et très cher. On a abandonné cette idée à cause du prix. Aussi parce que notre chapelle (pièce de vie) constitue déjà une masse thermique colossale. Peut être pas nécessaire de chercher plus d’inertie…
Conception
Après plusieurs rendez vous et devis avec des chauffagistes, peu nombreux et très cher, je me suis attelé à comprendre le fonctionnement des systèmes de chauffage composés de poêle bouilleur. J’ai dessiné, fait de longues pauses, redessiné maintes fois le système en intégrant progressivement mes nouvelles recherches et compréhensions.
En 5 ans, j’ai fini par aboutir à ce schéma, j’ai eu la chance la dernière année d’avoir l’aide d’un collègue d’ami. Merci Vincent !

On a donc un premier circuit d’échange entre le poêle et le ballon tampon. On y stocke les calories et c’est depuis ce ballon qu’on va les chercher à la demande, pour le circuit de radiateurs ou pour faire de l’eau chaude sanitaire. La production d’ECS est assurée en période chaude par une résistance, puisqu’on produit beaucoup d’électricité à cette période de l’année.
Inventaire
Une fois le système défini, il va falloir transformer tout ça en liste de matériel.
J’avais encore une fois pris un peu d’avance à cause de l’inflation, en achetant les gros éléments.
Il me faut encore dessiner chaque partie du système avec les bons éléments, raccords, aux bons diamètres, etc… Ça va m’occuper un bon moment !
Erreur !
Un beau matin, sur la terrasse, en buvant mon café, je révise mentalement l’installation, et je me rends compte avec effroi que les tuyaux de l’échangeur du poêle qui sont dans la chape, sous le travertin font une vague d’environ 10cm. Je me retrouve avec un point haut sans possibilité de purger l’air. Pas bon !!!
Impossible à modifier. Je vais devoir repasser des tubes de cuivre de la cave à la chapelle. A ce stade du chantier, c’est déprimant !
Je vais toutefois m’en sortir assez bien en perçant la voute (à l’époque, j’ai eu peur de le faire) et en cassant un peu de travertin.


À la cave
Je réorganise encore la cave pour m’atteler à ce nouveau chantier.
J’ai décidé de faire en cuivre tous les circuits qui sont en lien direct avec la production de chaleur. Tout ce qui se passe après les vannes trois voies ou les mitigeurs, en multicouche. Je commence à faire des montages à blanc, pour couper les tubes à la bonne taille, et je jointe et sertis progressivement.

Circuits chauffage et ECS
Je commence par le circuit de chauffage et le circuit d’échange avec le ballon d’ECS.
Le circuit de chauffage est composé d’un groupe (circulateur, vanne trois voies motorisée), d’un désemboueur, d’un pot à boue et d’une évacuation. le circulateur et la vanne trois voies seront pilotés par le calculateur en fonction de la température extérieure, du ballon, et de la consigne.
Le circuit ECS permet de faire circuler la chaleur du tampon dans l’échangeur du ballon d’eau chaude sanitaire. Il est composé d’un circulateur et d’un clapet anti retour empêchant de refroidir l’eau sanitaire (par thermosiphon) si le tampon est froid. Le circulateur est piloté par le calculateur en fonction des températures des deux ballons et de la consigne.

Remplissage
Je retouche un peu les arrivées d’eau et fais la partie remplissage qui doit assurer la bonne pression des circuits d’échange et de la soupape de sécurité thermique, et empêcher que l’eau de chauffage ne contamine l’eau de consommation.

Réparation
J’installe les tuyaux de l’échangeur du poêle qui vont de la cave au séjour.


Je rebouche.

Et je répare le travertin; on s’occupera des joints plus tard…

Ça continue…
En bas, avec du multicouche :
Circuit de remplissage avec vanne et manomètre.

Raccordement du chauffe eau avec mitigeur thermostatique et groupe de sécurité.

Premier test
Mise en pression du ballon tampon, dont les joints sont faits.
Les éléments sont remplis d’air comprimé et la pression est surveillée au manomètre. J’ai bricolé pour l’occasion une interface entre un flexible en 3/4 avec joint, et l’arrivée d’air du compresseur. J’ai remplacé le bouchon de purge d’une vanne par un manomètre que j’avais en stock. Rapide et efficace 🙂

Fin du multicouche !
Finalisation des connections avec les réseaux actuels (eaux sanitaires, réseau de radiateurs). Mise en pression.

Circuit d’échange entre le poêle et le tampon.

À la cave mais au plus proche du poêle, on trouve le circulateur (déclenché par la température de départ du poêle) avec une vanne de maintient de température de retour (permettant de réduire les contraintes appliquées au poêle).

En haut, à côté du poêle, on a une soupape de sécurité thermique (qui injecte de l’eau froide et évacue l’eau chaude en cas de surchauffe), une soupape de pression 3bars, un manomètre, un purgeur, et bientôt deux thermomètres.

L’ami soudeur est passé ! Y’a plus qu’à chercher les fuites 😉
Avec l’air comprimé, les fuites moussent lorsqu’on pulvérise les joints avec de l’eau savonneuse. Pas besoin de purger des hectolitres d’eau à chaque fois qu’on répare !

Avant dernière étape
On finalise le travail à la cave par la programmation.
Avec sondes, de température extérieure, du tampon, du départ chauffage, de l’eau chaude sanitaire, et commandes, des pompes du circuit de chauffage et de l’échangeur ECS.
Sans oublier la commande électrique de la résistance du chauffe eau (controlée par une horloge pour limiter aux heures de bonne production photovoltaïque. Peut être par un routeur solaire plus tard).

Fumisterie
On termine par le conduit d’évacuation des fumées en 150 avant de pouvoir installer le poêle bouilleur !


En parallèle de ce chantier un poêle compliqué 😉 la cuisine se termine…
Nous sommes début Février. Installer le poêle, c’est finaliser le système de chauffage : radiateurs, eau chaude…
C’est le point de bascule avant emménagement…
Leger stress quand même !
Mise en route
Suspens, après toutes ces années de réflexion et d’investissement…

Je vais passer une longue soirée à faire des allez retours entre la chapelle et la cave, à regarder les thermomètres, le calculateur, et à toucher les radiateurs…
Tout marche ! Immense victoire ! Grand relâchement !



























































